"Je suis un UMP de banlieue"
Vendredi 15/02/2008 | Posté par Kelly Pujar et Oumelkheir Djenaïdi
Six-Emmanuel Njoh est un proche de Nicolas Sarkozy mais se fait parfois recaler par les agents de sécurité de l’UMP, en raison de sa couleur de peau. A Vitry-sur-Seine, il espère arracher la mairie aux communistes qui la tiennent depuis 83 ans
« La communication précède l’action. Nous avons fait le test ; même les couches populaires estiment que ce n’est pas sérieux de s’habiller de manière ordinaire », explique Arole Lamasse, colistier de Six-Emmanuel Njoh. Ils n’en sont pas à leur coup d’essai. La semaine dernière, les photos ont passé à la poubelle, faute « d’harmonie des couleurs ». La séance s’éternise : la faute au soleil capricieux du Val-de-Marne. « Nous avons beaucoup de pouvoir mais pas sur celui-là », lance un des membres de la liste.
Retour à la permanence rue Guy Môcquet. Hasard ou provocation ? On nous assure que c’est une pure coïncidence. Le candidat UMP, optimiste, espère bien arracher la mairie aux communistes malgré l’absence quasi continue de la droite du paysage politique local. « Avant, on n’existait pas à Vitry. Nous sommes là grâce à l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Six-Emmanuel Njoh a rassemblé 35% des voix au second tour des législatives de juin », déclare Arole Lamasse.
Six-Emmanuel Njoh, juriste de formation, se qualifie comme « un UMP de banlieue, pas un UMP de bourgeois ». Il a choisi la droite après sa rencontre en 1998 avec Nicolas Sarkozy, alors secrétaire général du RPR. Mais il avoue qu’il aurait très bien pu être à l’aise à gauche. « Pour moi, l’étiquette politique n’a pas d’importance tant que le maire fait bien son travail », dit-il.
Né au Cameroun il y a 46 ans, il a émigré en France à 18 ans pour poursuivre ses études et vit depuis un quart de siècle à Vitry, ville qui regroupe près de 40% de logements sociaux. « J’ai une double culture. Je suis conscient du racisme en politique », dit-il. Une anecdote éclaire ses propos. « J’ai droit à une entrée VIP en tant que conseiller national de l’UMP. J’ai été nommé directement par Nicolas Sarkozy. Pourtant, je me fais souvent refouler par les agents de sécurité à l’entrée des meetings ». Pour lui, le parti UMP est ouvert, seuls les services de sécurité ne sont pas habitués à la présence d’un Noir à un tel niveau.
Pour gagner, il a concocté un programme alliant prévention et sanction. Son remède pour renforcer la sécurité de la ville : « nous voulons installer des caméras de surveillance et prolonger les horaires de la police municipale pour qu’ils coïncident avec l’heure de fermeture des commerces ». Sur le plan social, il souhaite l’instauration de la cantine scolaire gratuite. Une aide visant à retenir les classes moyennes, nombreuses à quitter la ville. Autre moyen de pallier ces départs, favoriser l’emploi. Pour cela, le candidat UMP veut créer une zone artisanale.
Plus qu’un programme, l’équipe de campagne a distribué un prospectus assassin qui démonte le travail du conseil municipal communiste. Sont dénoncées pêle-mêle « la montée de la délinquance, la fuite des commerçants ou encore l’augmentation du chômage ». Pour Six-Emmanuel Njoh, tous les moyens sont bons. « Je suis un soldat, j’y vais pour gagner ».

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Alexandra 
Par steve