La diversité : nouvelle conquête des entreprises françaises ?
Jeudi 08/11/2007 | Posté par Kelly Pujar
Novembre 2005 : les banlieues s’embrasent. Au delà des voitures brûlées, c’est le déclic. Un malaise est mis en lumière. Taux de chômage parfois supérieur à 40%, peu d’implantation d’entreprises. La jeunesse des quartiers de la périphérie parisienne semble ignorée des sociétés. Un paradoxe quand des secteurs entiers manquent de main d’œuvre. Des initiatives pour l’emploi ont été lancées depuis. Etat des lieux.
Ils s’appellent Saïd Hammouche ou Claude Bébéar. Ils sont chefs d’entreprise ou membres d’associations. Leur point commun : œuvrer pour le développement de la diversité dans le tissu économique. Ils n’ont pas attendu la crise des banlieues pour agir et sont souvent partis d’un constat simple. « La diversité est une chance mais aussi une obligation pour les entreprises françaises qui ont du mal à recruter. Près de 500 000 postes sont à pourvoir dans certains secteurs d’activité», constate Patricia Charrier, la responsable du pôle « entreprises et quartiers » à l’IMS- Entreprendre pour la cité. Cette association, créée en 1986 par Claude Bébéar, fédère plus de 130 entreprises. Elle s’emploie à soutenir la création de projets dans les zones urbaines sensibles (ZUS). « Nous créons des partenariats avec les missions locales et tous les acteurs de terrain pour briser le plafond de verre qui freine le recrutement de jeunes, diplômés ou non. Nous ne tenons pas un discours misérabiliste mais cherchons une réelle adéquation entre les projets et les talents des cités », précise-t-elle.
Mais des obstacles subsistent. Il ne suffit pas d’avoir une tête bien faite. « Les candidats viennent souvent de familles modestes. Ils ne disposent pas d’un réseau de relations. En plus, ils n’ont parfois pas assez confiance en eux », confie Boujema Hadri. Collaborateur de V.I.T (Very Important Training), il organise des formations de deux jours pour des managers en manque de repères. « Les recruteurs voient l’intérêt pénal et financier à embaucher des jeunes des quartiers car des sanctions existent avec la loi sur l’égalité des chances. A nous de les convaincre de la qualité des candidats, affirme-t-il. On ne se limite pas aux jeunes des cités. La diversité, c’est aussi les personnes handicapées, les seniors, les femmes. C’est bon pour l’image de l’entreprise. Mais nous sommes encore aux prémices », relativise-t-il.
Un véritable management dédié à ce type de recrutement s’est donc développé. Des responsables « diversité » sont nommés dans de grands groupes tels que L’Oréal ou la SNCF. Et trois ans après sa création, 1500 entreprises ont signé la charte de la diversité.
Kelly Pujar

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Alexandra 
Par steve