Le Cap-Vert : un pont entre l’Afrique et l’Europe
Vendredi 07/12/2007 | Posté par extramuros
Cheikh Gueye, 25 ans, est Sénégalais et vendeur de montres à Praia, la capitale du Cap-Vert. Assis à la table d’un petit restaurant au marché « Sucupira », le plus couru du pays, il nous raconte sa quête d’une vie meilleure.
Le Cap-Vert, représenté par une importante diaspora à l'étranger (quasiment le double de la population résidant sur le territoire national), a connu une inversion des flux migratoires ces dernières années. L’archipel voisin du Sénégal dans l’océan Atlantique, attire de plus en plus de ressortissants des pays d’Afrique Occidentale. Ils veulent changer de vie, soit en envoyant, du Cap-Vert,de l'argent à leur famille, soit en utilisant cette île comme une première étape vers l’Europe. Cheikh, vendeur de montres à Praia depuis 2001, est venu au Cap Vert pour aller en Europe. Il n’a pas encore eu la possibilité de partir. Interview.Où est-ce que vous voulez aller ? Dans n’importe quel pays : en France, en Italie, en Espagne. Je n’ai pas eu de possibilité d’aller aussi loin, mais bon, je suis venu ici.
Est-ce que vous avez déjà essayé de partir ?
Je suis ici pour le moment, je ne sais pas quand je vais partir. Je gagne ma vie tranquillement, il n’y a pas de problème. Un jour je vais partir, bien vrai. Mais, je veux partir dans des conditions claires, pas illégalement.
Comment est-ce que vous êtes venu au Cap-Vert ?
Je suis venu ici par avion et j’ai tous mes documents.
Est-ce que vous êtes venus avec les documents ou vous avez réussi à les avoir ici?
Ici le document c’est seulement la résidence. J’ai déposé mes papiers il y a longtemps, mais je n’ai pas encore ma carte de résident. Mais j’ai fait toutes les choses qu’ils m’ont demandées pour avoir ces papiers là. J’ai tous les papiers. Je les ai déposés là.
La vie au Cap-Vert vous plaît-elle ?
Un petit peu (sourire). Bon, vivre dans ton pays, je crois que c’est plus agréable. Tu peux voir ta famille, ta mère, ton père, tes frères et sœurs. C’est plus agréable. Mais, actuellement... Le Sénégal, c’est mon pays, j’aime beaucoup le Sénégal. Je veux rentrer au Sénégal, ce qui m’empêche d’aller là bas, c’est l’argent. Pour le moment, je n’ai pas les moyens nécessaires.
Est-ce que c’est juste l’argent pour le billet qui vous manque ou ici c’est plus facile de travailler ?
Actuellement, ici c’est plus facile de gagner de l’argent qu’au Sénégal. Il y a des gens qui sont là bas et qui ne veulent pas venir ici. J’ai beaucoup de copains dans ce cas. Mais, moi, pour le moment je suis ici, j’ai fait un bout de chemin ici, je ne veux pas retourner au Sénégal sans rien faire.
Et après, vous voulez aller France ou en Italie puis un jour retourner vous retournerez au Sénégal, c’est ça ?
Exactement. Je voudrais repartir au Sénégal, rester là bas pour ne jamais sortir, mais, bon, je veux de l’argent. C’est seulement aller en Europe pour avoir de l’argent et je repars en Afrique.
Est-ce que vous trouvez que les gens ici au Cap-Vert sont moins pauvres qu’au Sénégal ?Oh oui. En fait, la monnaie du Cap-Vert est plus forte que celle du Sénégal. Ce qui me permet d’envoyer plus d’argent à ma famille par Western Union.
Combien est-ce que vous arrivez à leur envoyer par mois ?
Ca dépend de ce qu’on vend. Si les choses vont vite, on peut envoyer, par exemple, 100 euros, 50 euros. Il faut envoyer de l’argent à la maison. Si tu ne leur envoies pas de l’argent, ils ne vont pas vivre. Ils vont manger, mais ils attendent tous les mois mon argent.
Combien des gens comptent sur l’argent que vous envoyez ?
Cinq. Mon père, ma mère, mes frères et sœurs. Elles sont petites, une a trois ans et l’autre a 11 ans.
Combien gagnez-vous par mois avec les montres ?
Ca varie, quoi. Je les vend à 5 euros la pièce. Tu peux faire 4 000 « escudos » (40 euros) par mois. Mais, tu manges, tu as des choses à faire. Mais, parfois tu vends beaucoup de montres, tu vas en faire plus. C’est comme ça, quoi, ça va vite !
Est-ce qu’il vous arrive de rêver du Sénégal ?
Le sénagal me manque beaucoup. Parfois ça m’arrive de rêver de Sénégal… Je pense à ma famille, spécialement à l’approche des fêtes de fin d’année. J’y vais au mois de décembre pour la Tabaski, c’est la fête des moutons, une grande fête !
Mariana Pereira de Almeida – Praia, Cap-Vert

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Alexandra 
Par Anonyme