Le MoDEM, un parti de militants... sans élus?

Dimanche 02/12/2007 | Posté par Kelly Pujar

C'est l'événement politique du weekend. Le Mouvement démocrate, promis par François Bayrou après l'élection présidentielle, est officiellement lancé. Lieu de naissance: Villepinte (Seine-Saint-Denis). En apparence, le bébé du leader centriste se porte bien grâce à ses adhérents. Dans les coulisses, le parti souffre d'un déficit de confiance de la part des élus. Ils abandonnent un à un le successeur de feu UDF. Une image de division que rejettent les militants venus nombreux samedi élire leur président.

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« Je regarde ma montre. N'oubliez pas d'aller voter ». La voix qui bat le rappel de la campagne pour la présidence du MoDEM est celle de l'unique candidat François Bayrou. Samedi après-midi, une nuée orange a envahi le parc des expositions de Villepinte. Venus de toutes sensibilités politiques (PS, communistes, centristes, UMP, Verts), les militants se sont rassemblés pour dire oui à la quasi-unanimité aux statuts fondateurs de leur parti. Un vote dont ils saluent la transparence. « On a notre mot à dire en tant qu'adhérent ici », affirme Line, juriste et militante dans le Nord (59). Avec ses amis du Cambrésis, Thomas et Frédéric, elle représente les jeunes démocrates qui ont répondu à l'appel de François Bayrou. « Nous, on pratique l'ouverture, personne n'est obligé d'avoir sa carte pour participer aux réunions », ajoute Thomas. Quand je leur demande si la situation de candidat unique les dérange, ils répondent presqu'en coeur « il faut un chef ». Justement, François Bayrou s'approche. Happé par des photographes, il signe son livre projet d'espoir (Plon, mars 2007). Ici, sa cote de popularité est à son maximum.
Néanmoins, pendant les «débats de société» organisés, une voix discordante dénonce la ligne du parti. « François Bayrou doit créer toutes les conditions pour rassembler des gens du centre. Il faut faire revenir les militants du centre droit. Il faut [...] arrêter la surenchère à gauche », s'exclame Frédéric Parrat à la tribune sous les hués de la salle.  Cet avocat et militant à Paris a tenté de se présenter contre le député centriste à la présidence du parti. Sans succès. Une intervention qui agacent certains militants déjà déçus par la défection de Jean-Marie Cavada et de Thierry Benoît, député d'Ille-et-Vilaine. « Le parti a besoin d'évoluer, il faut un apport extérieur. Le passage de l'UDF au MoDEM est tout à fait naturel », explique Claude, responsable de Modem dans la Vienne.
« Et puis il n'y a pas de divisions au sein de la base. Les journalistes créent un événement qui ne reflète pas la réalité »,  précise-t-il.
Séparer le bon grain de l'ivraie pour rassembler autour d'un homme. Telle est la politique affichée par la base et Olivier Henno, conseiller général MoDEM. « On préfère regarder 'plus belle ma ville' avec Marielle de Sarnez plutôt que la 'marche du traître' avec Jean-Marie Cavada », dit-il. Car en ligne de mire approchent les municipales du mois de mars. Avec 40 000 adhérents, le MoDEM se met en ordre de marche pour la bataille.

Kelly Pujar

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