Pas de cocos rouges au Blanc-Mesnil ?
Mercredi 20/02/2008 | Posté par Iris Hartl
Communiste depuis toujours, bastion du PCF et Marie-George Buffet en est la grande star. Voilà, ce que l’on dit sur le Blanc-Mesnil en Seine Saint-Denis et ce que j’ai donc voulu voir de mes propres yeux.
Mots-clés : MunicipalesComme je viens de Bavière où règne
Curieuse, je suis donc partie au Blanc-Mesnil où je m’attendais à une ville rouge dans le sens propre du terme. Des affiches LCR et PCF partout, des ouvriers qui grognent et des jeunes habillés en t-shirts Ché Guevara et casquettes flanquées de la faucille et du marteau, parlant d’une révolution du prolétariat. Bref, j’avais un peu tous les vieux clichés sur le communisme en tête.
Et ben non, cette ville est tout sauf ça. Ou elle sait bien le cacher. En tout cas, j’ai été surprise par l’absence totale de signes politiques. Nous sommes en pleine campagne municipale et dans cette forteresse du communisme il n’y a rien qui y fait penser. Même pas une petite affiche de Marie-George collé sur un arbre. Le rouge laisse place au gris-béton qui domine le paysage.
A la gare, je suis accueillie par une Blanc-Mesniloise pure souche, Axelle Adjanohoun du Bondy Blog. Elle me demande si j’ai envie d’assister à une réunion de quartier. Je dis oui en espérant qu’ainsi je vais découvrir un peu la vie politique de la ville. En chemin, Axelle raconte qu´au Blanc-Mesnil, c´est un peu comme partout. La politique, certains s´y intérèssent, d´autres pas du tout. Elle explique qu´en effet, il y a pas mal de communistes par conviction ici.
Nous entrons dans « La maison pour tous Jean Jaurès » où se tient le Conseil de Ville et de Voisinage. Une dizaine de personnes est réunie et le débat commence par un sujet chaud-brûlant : quelle ville a le plus d´arbres, le Blanc-Mesnil ou Drancy ? Au bout de dix minutes de discussion, je me dis : allez y, comtpez-les et vous le saurez !
S’ensuit une proposition de pièce de théâtre censée éveiller l´attention des Blanc-Mesnilois face aux incivilités. Les participants s´en fichent royalement. Ce qu´ils veulent, c´est une police de proximité et des perspectives professionelles pour les jeunes.
Ils disent que depuis la suppression d´une trentaine de policiers, le problème des incivilités grandissait de jour en jour. Les tags, les stationnements sauvages et les cambriolages. Sylvie Bouvier (PC), ajointe au maire en charge de la coopération internationale, explique : « La police municipale ne règlera pas le problème de sécurité. » Elle souhaite plutôt la mise en place de correspondants de jour. Un des participants retorque tout de suite: « Quand il y a une bande de jeunes en train de casser une voiture, vos correspondants ne servent à rien. Il nous faut la police pour cela. »
Des habitants qui veulent davantage de policiers et plus d´ordre, ne me semblent pas être des vrais communistes. Je les comprends, mais je m´attendais à autre chose. La presse a tellement glosé au sujet de la division au sein de la gauche locale que je croyais pouvoir le ressentir sur le terrain. Je suis donc restée sur ma faim.
Pour rencontrer les communistes militants il faudra peut-être aller au marché ce week-end. C´est qu´Axelle et moi allons faire le plus vite possible.

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Alexandra 
Par steve